Épernay : Un réseau de chaleur pour la capitale du Champagne
Pouvez-vous nous expliquer l'origine de ce projet de réseau de chaleur ?
Cette réflexion est née en 2019, sous le mandat de mon prédécesseur, Franck Leroy. Nous avons décidé de repenser notre mode de chauffage urbain avec un double objectif : verdir notre approvisionnement énergétique et nous affranchir de la dépendance au gaz. La conjoncture nous a donné raison avec l'évolution récente du prix du gaz. Ce nouveau réseau de chaleur urbain sera opérationnel fin 2025.
Quelles sont les principales caractéristiques de ce nouveau réseau ?
Le projet prévoit la création d'une nouvelle chaufferie biomasse sur le terrain de la chaufferie existante du Mont Bernon. Elle sera composée de deux chaudières bois de 7 et 4 MW, alimentées à 100 % par des énergies renouvelables : 90 % de biomasse et 10 % de biométhane. Le réseau actuel de 2,5 km sera modernisé et étendu pour atteindre plus de 12 km, multipliant ainsi par quatre le nombre d'abonnés bénéficiant d'une chaleur décarbonée.
Vous parlez d'innovation. Qu'est-ce qui rend ce projet particulièrement innovant ?
L'innovation réside notamment dans notre approvisionnement en biomasse. Nous utiliserons des plaquettes forestières provenant de forêts locales situées à moins de 100 km, dont près de 60 % seront certifiées PEFC/FSC. Mais la véritable originalité, c'est l'utilisation du bois de vigne, qui représentera 10 % de l'approvisionnement. Cette valorisation des sarments et ceps de vigne s'inscrit parfaitement dans une logique d'économie circulaire et de valorisation des ressources locales.
Quels sont les bénéfices attendus de ce projet pour les Sparnaciens ?
Les avantages sont multiples, tant sur le plan environnemental qu'économique. D'abord, ce projet permettra d'éviter l'émission de plus de 9 700 tonnes de CO2 par an, soit l'équivalent de 7 500 voitures retirées de la circulation. Ensuite, sur le plan économique, nous estimons que nous devrions réduire les coûts de fourniture du chauffage de 40 %.
Comment ce projet s'inscrit-il dans la stratégie globale de transition écologique d'Épernay ?
Ce réseau de chaleur s'inscrit pleinement dans notre démarche de transition énergétique. Nous avons des objectifs ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d'amélioration de la qualité de l'air et de développement des énergies renouvelables. Nous explorons aussi d'autres potentialités comme le solaire photovoltaïque ou la rénovation énergétique des bâtiments.
Le chantier va durer 16 mois. Comment allez-vous gérer les éventuelles perturbations ?
Nous sommes conscients que ces travaux, qui ont débuté en août 2024, pourront occasionner des gênes. C'est pourquoi nous avons prévu un important dispositif de communication : page Facebook dédiée, informations aux riverains, flyers, information récurrente dans le journal municipal et sur nos outils digitaux. C'est indispensable d'anticiper pour bien informer et réduire les gênes occasionnées.
Une particularité du projet est son financement participatif. Pouvez-vous nous en dire plus ?
En effet, une campagne de financement participatif sera lancée à partir du 2 décembre 2024, permettant aux Sparnaciens d'investir dans le projet à hauteur de 500 000 euros. C'est une façon pour nos concitoyens d'être acteurs de la transition écologique de leur territoire, tout en réalisant un placement à un taux avantageux.
Pour conclure, que représente ce projet pour Épernay ?
C'est un projet qui nous permet de prendre notre part dans la lutte contre le changement climatique, tout en apportant des bénéfices concrets à nos concitoyens. Je suis fière de porter ce projet et je suis convaincue qu'il fera d'Épernay un modèle en matière de transition écologique.
Ce projet symbolise parfaitement ce que nous voulons pour Épernay : une ville qui sait allier tradition et innovation, qui valorise ses ressources locales tout en se projetant dans l'avenir.